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mercoledì 8 settembre 2021

MIGRANTS: UNE VOIX DU NIGER .MIGRANTI UNA VOCE DAL NIGER di Padre MAURO ARMANINO



Migrants : une voix du Niger

Entretien sur les Migrants avec le P. Mauro Armanino, s.m.a., responsable depuis 2011 du SPM, Service pastoral des Migrants pour le Diocese de Niamey, au Niger.

Pouvez-vous nous parler de votre travail dans la pastorale des personnes en déplacement au Niger ? Quelle a été l'inspiration et la vision de ce travail ? 

Nous voyons les migrants comme « un signe des temps » qui interpelle l’Eglise et la société. Dans cette vision, nous nous considérons nous-mêmes comme des « migrants », car vivre c’est migrer et au fond migrer c’est vivre ! Pour nous les migrants ne sont pas des victimes mais des personnes qui ont choisi, plus ou moins librement et consciemment, un projet migratoire. Le fondement de notre engagement pourrait se résumer ainsi : libres de rester, libres de partir. Ceux deux droits doivent être respectés par les décideurs politiques et les associations ou entités qui travaillent avec les migrants.

Comment la pandémie causée par Covid-19 a-t-elle affecté votre travail ? 

La Niger n’a pratiquement pas souffert de la maladie en soi mais des politiques qui ont entouré l’épidémie. Surtout concernant la fermeture des frontières avec les Pays environnants, le coût de la vie, le couvre-feu, la diminution des vols de l’OIM (l’Organisation Mondiale des Migrations) pour ramener les migrants à domicile et surtout la manipulation de la maladie pour escroquer de l’argent aux frontières et aux nombreuses « barrières » de la police ou douane… Bien sûr on a enregistré moins de sensibilité par rapport aux problèmes des migrants, car la Covid a accaparé la totalité de la scène ! Les vulnérables, comme toujours : femmes enceintes, femmes avec des enfants, malades et refoulés surtout de l’Algérie, ont disparu du radar !

Quels succès avez-vous enregistrés dans votre travail avec les migrants pendant la pandémie ?

Notre service a toujours fonctionné, à part trois semaines de fermeture, d’ailleurs jamais complète. A travers la collaboration avec la Caritas locale (CADEV) nous avons pu aider un certain nombre de migrants avec des repas et surtout les soins. Mais le service plus important a été celui de présence dans un moment où tout le monde était replié sur la gestion politique de la maladie !

Y a-t-il eu des changements dans le phénomène de la migration dans votre pays d'action au cours de cette période ? Et comment votre organisation a-t-elle réagi à ces changements?

Les changements ont étés remarquables car, tout au début du service, en 2011, le mot ‘migrant’ était ici presque inconnu…on parlait plutôt d’« exodants » ou « aventuriers », figures bien connues dans l’espace sahélien ! En effet la migration a existé ici depuis de siècles et dans les dernières décennies elle s’est intensifiée surtout vers le Maghreb et la Libye. Puis, sous l’impulsion des politiques européennes d’externalisation des frontières, les « exodants » se sont transformés en « migrants » puis en « clandestins », ensuite en « irréguliers/illégaux » et finalement en « criminels » ! Surtout après la rencontre de La Valette Europe –Afrique de 2015 et la loi de la même année du gouvernement nigérien de lutte à la traite des migrants (2015-36), la répression s’est manifestée avec un blocus de la mobilité humaine…, le vol systématique de l’argent des migrants et leur « libre » destination à l’OIM, pour un retour au Pays d’origine ! Notre Service a continué à accompagner les migrants dans leur difficultés et persécutions et aussi a dénoncé, avec des organisations de la Société civile, ces abus de pouvoir.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent contribuer à la réalisation des quatre verbes du pape François, à savoir: accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants? 

Le seul verbe que nous aimerions ajouter pour que les précédents soient réellement mis en pratique est le verbe écouter ! Nous pensons qu’il est à la base des quatre autres verbes. En effet seulement la possibilité offerte à l’autre d’exprimer sa vie, ses sentiments et ses attentes, pourra faciliter la mise en pratique des autres passages…, sinon on court le risque de « coloniser » le migrant avec nos projets sur lui !

Quels sont les projets et les interventions prévus pour l’avenir dans ce domaine? 

L’écoute des histoires personnelles et souvent dramatiques des migrants est ce qui nous caractérise avec en même temps un accompagnement humain et médical. En réalité parler des migrants ici est parler des invisibles, car les pauvres le sont jusqu’à quand des événements souvent dramatiques ne les font (trop tard) apparaitre, par exemple dans les naufrages de la Méditerranée ! Ceux qui pensent s’installer pour un temps, nous essayons de les aider pour le travail avec des micro-projets et, de manière occasionnelle, à travers la collaboration avec la Caritas des Etas Unis (CRS), des bons pour la nourriture. Parfois on aide aussi les migrants prisonniers qui n’ont personne pour les assister.

Y a-t-il un souhait que vous aimeriez partager avec nous? 

Nous aimerions que les services aux migrants n’oublient pas la dimension politique des migrations, à travers un engagement plus poussé avec la Société civile et les institutions. Cela pour éviter de se transformer en «ambulances du système».

Padre Mauro Armanino

Migranti: una voce dal Niger

Intervista sui Migranti a padre Mauro Armanino, s.m.a., fondatore e responsabile dal 2011 del Servizio Pastorale per i Migranti (SPM) per la diocesi di Niamey, in Niger.

Può parlarci del vostro lavoro nella pastorale dei Migranti in Niger? Quale ne è stata l'ispirazione e la visione? 

Vediamo i migranti come “un segno dei tempi” che interpella la Chiesa e la società. In questa visione, ci consideriamo noi stessi come migranti, perché vivere è migrare e in fondo migrare è vivere! Per noi, i migranti non sono vittime ma persone che hanno scelto, più o meno liberamente, e consapevolmente, un progetto migratorio. La base del nostro impegno si può riassumere così: liberi di restare, liberi di andare. Questi due diritti devono essere rispettati dai decisori politici e dalle associazioni o enti che lavorano con i migranti.

In che modo la pandemia causata dal Covid-19 ha influito sul vostro lavoro?

Il Niger non ha sofferto molto della malattia in sé, ma delle politiche che hanno circondato l'epidemia. Soprattutto per quanto riguarda la chiusura delle frontiere con i Paesi limitrofi, il costo della vita, il coprifuoco, la riduzione dei voli dell'OIM (Organizzazione Mondiale per le Migrazioni) per riportare a casa i migranti e soprattutto la manipolazione della malattia per estorcere denaro alle frontiere e ai tanti “blocchi” di polizia o doganali… Sicuramente, abbiamo registrato meno sensibilità riguardo ai problemi dei migranti, perché il Covid ha preso il sopravvento su tutta la scena! I vulnerabili, come sempre: donne incinte, donne con bambini, malati e respinti soprattutto dall’Algeria, sono scomparsi dai radar.

Che risultati positivi avete avuto nel vostro lavoro con i migranti durante la pandemia?

Il nostro servizio ha sempre funzionato, a parte tre settimane di chiusura, del resto mai completa. Grazie alla collaborazione con la Caritas locale (CADEV), abbiamo potuto aiutare un certo numero di migranti con i pasti e soprattutto con le cure. Il servizio più importante, però, è stato quello della presenza in un momento in cui tutti erano ripiegati sulla gestione politica della malattia.

Ci sono stati cambiamenti nel fenomeno migratorio nel suo Paese di azione in questo periodo? E come ha reagito la vostra organizzazione a questi cambiamenti?

I cambiamenti sono stati notevoli perché, proprio all'inizio del servizio, nel 2011, la parola “migrante” qui era quasi sconosciuta...; si parlava piuttosto di “esodanti” o “avventurieri”, figure ben note nello spazio saheliano! Le migrazioni, infatti, esistono da secoli e negli ultimi decenni si sono intensificate soprattutto verso il Maghreb e la Libia. Poi, sotto l'impulso delle politiche europee di esternalizzazione delle frontiere, gli “esodanti” si sono trasformati in “migranti”, poi in “clandestini”, quindi in “irregolari/illegali” e infine in “criminali”! 

Soprattutto dopo l'incontro della Valletta Europa – Africa del 2015 e la legge dello stesso anno del governo nigerino per combattere la tratta dei migranti (2015-36), la repressione si è manifestata con un blocco della mobilità umana…, il furto sistematico dei soldi dei migranti e la loro “libera” destinazione all'OIM, per un ritorno al Paese d’origine! Il nostro Servizio ha continuato a sostenere i migranti nelle loro difficoltà e persecuzioni e ha anche denunciato, con delle organizzazioni della Società civile, questi abusi di potere.

Che consiglio darebbe alle persone che desiderano contribuire a realizzare i quattro verbi di Papa Francesco, ovvero: accogliere, proteggere, promuovere e integrare i migranti?

L’unico verbo che vorremmo aggiungere per mettere davvero in pratica i precedenti è il verbo ascoltare! Crediamo che sia la base degli altri quattro verbi. Infatti, solo la possibilità offerta all’altro di esprimere la sua vita, i suoi sentimenti e le sue aspettative, potrà facilitare l’attuazione degli altri passaggi..., altrimenti corriamo il rischio di “colonizzare” il migrante con i nostri progetti su di lui!

Quali sono i progetti e gli interventi che prevedete per il futuro in questo ambito?

L'ascolto delle storie personali e spesso drammatiche dei migranti è ciò che ci caratterizza, insieme al supporto umano e medico allo stesso tempo. In realtà, parlare di migranti qui, è parlare d’invisibili, perché i poveri lo sono finché spesso eventi drammatici non li fanno apparire (troppo tardi), ad esempio nei naufragi del Mediterraneo! Coloro che stanno pensando di rimanere per un po’, cerchiamo di aiutarli nel lavoro con micro-progetti e, occasionalmente, attraverso la collaborazione con la Caritas degli Stati Uniti (CRS), dei buoni pasto. A volte aiutiamo anche i prigionieri migranti che non hanno nessuno che li assista.

C'è un desiderio che vorreste condividerci?

Vorremmo che i servizi per i migranti non dimenticassero la dimensione politica delle migrazioni, attraverso un maggiore impegno con la Società civile e le istituzioni. Questo per evitare di trasformarsi in “ambulanze del sistema!"

Padre Mauro Armanino

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